Vendredi 6 Juillet 2007, Cognac / Montendre
Free Music Festival 2007, partie 1
Levé à midi et des poussières, on dirait pas que je dois partir ce soir à ce festoche des Free Music. Je fais les courses pour un pote :
« Tu me prends des Bordeau Chesnel, mais un moyen pot ! »
Ensuite c'est à mon tour de faire les courses. Enfin ma mère. De la bouffe pour tout un régiment ! Je me plains pas, c'est nickel. Je prend le même pote à la sortie de son taf, et on prend un autre pote près du théâtre, crac frein à main, dérapage sec et concis.
Un pote qui a oublié sa place chez lui... Petit détour donc, et au passage on arrache un fanion mi-français mi-espagnol, le symbole du jumelage de Javrezac et Moral de Calatrava.
Ça servira pour délimiter les groupes de bagnoles.
On déguerpis fissa, direction Montendre, lieu du festival. On a tout ce qu'il faut, boissons, couvertures, à bouffer. Une cassette bien bourrin sur la route, GPS qui nous indique, bien que je connaisse bien la route, à force d'aller à Bordeaux (hum...souvenir d'un passé peu glorieux).
« Tu veux un bonbon au mielo mon pral ? »
Un pote qui imite un gitan, en buvant des bières. Des bouteilles de Kro qui gertent de la bagnole et qui viennent s'exploser sur les panneaux, des clôtures, ou qui se renversent sur la vitre arrière...
Je connais très bien cette route, pas de soucis, que je leur dis à mes potes. Je connais bien ce virage. Alors pourquoi je l'ai pris comme un con, pourquoi j'ai glissé et pourquoi la voiture s'est retournée, à fait trois tonneaux et est partie dans les buissons. L'accident ayant causé le décès d'un de mes amis, son sang trempant mes habits et son visage déchiquetée par la force du choc, laissant voir le blanc de ses yeux, et son corps brisé de partout, gisant un peu sur la route, un peu dans le reste de l'épave, mort.
C'est un scénario qui aurait pu arrivé, mais en fait j'ai juste dérapé sur les graviers, bien fort, sans frein, juste en tournant les roues, volant d'une main, chevauchant la voie de gauche.
Oui, comme un con, je connaissais le chemin et je l'ai pris un peu hard (toujours en respectant les limitations de vitesse). Je me suis fait peur, mais c'est le seul point noir du voyage, et encore, il ne faut pas l'amplifier, hyperboler l'événement.
On arrive à Montendre, et on commence à voir les bawas, les gens avec leur sac à dos, tous dans la même direction, vers le site du lac de Montendre. Beaucoup de voitures. On progresse doucement, un mec de la sécurité nous arrêtent car le parking est bondé. Mais des potes nous attendent sur ce parking, avec une petite place très sympa, juste devant le « champs à pisser », endroit où tous ceux qui veulent pisser, vont pisser.
À peine arrivés, tout le monde s'éparpille, va à droite à gauche, et commencent à se mettre le crâne, à coups de prods.
Parfois on me fait le reproche de ne pas mettre les prénoms dans les articles que je fais. Ça peut paraître fouillis parfois, mais pourtant c'est simple avec les retours (crap x). Aussi ça permet de ne pas dévoiler l'identité de ceux qui frôlent l'illégal. Rien que pour ça, je continuerai à garder l'identité secrète des gens que je côtoie.
Donc, on arrive vers 19h, le festival est déjà commencé. Il a ouvert à 18h30, avec la MJC Clandestine, suivi de Dobacaracol. Très peu de gens pour la MJC il paraît, car ça commence trop tôt, il y a encore des gens qui s'installent. Je loupe aussi Dobacaracol, parce que je suis encore sur le parking, je prend mes marques, regarde un peu tout autour, visiter les autres campements, ceux des potes.
« Un jour je me suis senti l'âme d'un Power Ranger. »
Des rastamans et womans, des bawas, des teufeurs, des gens torses nus, des vieux perchés, des gens bourrés, de partout.
Des gens nets aussi ! Oui, quelques-uns.
Je rentre avec une partie de potes, dans le site. Fouille corporelle, bouteilles d'eau autorisées mais sans bouchons, « mesure de sécurité ». Les gars de la sécu, c'est des têtes connues, chaque animation ou concert du coin, on retrouve les même gueules. Pas un boulot facile. Ils sont mal et d'ailleurs j'ai jamais compris pourquoi. Tous les festivaliers sont ils des fouteurs de merde ? Assurément non, pourtant on est tous dans le même sac, accueil façon gueule de porte de prison, force de brute, impolitesse, irrespect parfois.
Mais c'est le boulot qui veut ça.
On arrive sur le devant de la scène principale, c'est Steel Pulse qui commence. Du reggae. Mais je déteste le reggae ! Bon alors je m'ennuie un peu. Beaucoup !
Inutile de le dire, mais c'est impossible de rester en groupe. Nous sommes des électrons libres, avec tous des envies différentes. Pisser, boire, se poser, fumer, danser...
De toute façon on se perd et on se retrouve à longueur de soirée. Paradoxalement, on se retrouve dans le pogo, là ou il y le plus de bordel.
Viennent ensuite les membres de Percubaba, et je danse aux côtés d'une demoiselle fort charmante, une petite rastawoman, avec des très chouettes atébas, un style très cool, et aussi avec un sourire des plus beaux. Ça pourrait être anecdotique, mais ça ne l'est pas en fait...
« Coléoptère... »
« 4L à la banane »
Le son de Leroy Washington, sur la scène du lac, avec sa bonne tek puissante qui fait se trémousser le peuple, au plus près des enceintes. Le son crache bien fort, arrosant nos esgourdes de sons graves et percutants.
De retour sur l'autre scène, pour voir Domb, que je qualifierai comme une sorte de drum and bass aux accents métal. Le temps de revoir la jeune demoiselle, de danser à nouveau avec elle, de discuter entre deux morceaux, puis c'est déjà l'heure d'Interlope, assez jungle. Toujours près du son, on est là pour ça. Puis de toute façon, on qu'on soit , on l'entend avec quasiment la même intensité.
La soirée (dans le site) se termine avec le mix de Manu le Malin, est soyons francs, au début c'était pas top, je m'attendais à du boom-boom, du gros son affreux, un fond de boomers terrible, parce que c'est en partie ce que j'aime, la grosse caisse. Mais plus il avançait dans son mix, et mieux c'était, donc pas trop déçu.
Tiens, encore la jolie fille qui traîne dans le coin. Après quelques mots (touchants, vraiment, m'a t'on déjà dis plus explicite et plus sincère ?) échangés ainsi qu'un tendre... un... bref, un truc de fou.
Je pars du site, il est déjà 3h passées.
La soirée est loin, mais alors loin d'être terminée.
On oublie même le terme de soirée ; on est là et c'est parti pour du non-stop de musique et de festival, de son ouverture à sa clôture, le temps n'a plus d'importance.
Ça marche comme ça ici...
Je connais des paquets de Brossard qui n'ont pas fait long feu.
Marc CONSTANTIN (13 juillet 2007)
(Respectez les droits d'auteurs sur textes et photos, SVP. Rien ne remplacera votre propre créativité et vous n'en serez que plus récompensé et plus heureux !)