Aujourd'hui au supermarché, on peut voir une dame qui crie sa réduction sur les packs d'eau.
« Allez-y, vous avez 30 centimes de réduction sur l'eau Aquarel et Ricqles ! »
Je suis resté pas mal de temps à l'entendre braire, et je crois que sérieusement, elle a à peine accosté cinq clients.
Et l'autre à côté qui me fait rire ; si on achète des glaces, on repart avec une glacière offerte !
J 'imagine la scène : « Oh, quelle offre ! Allons acheter de la glace pour avoir une glacière de merde, comprise dans le prix de la glace, leur surplus de stock, ou un produit défectueux ! »
En fait je sais pas, mais tous les moyens sont bons pour attirer le chaland.
Et ça fait penser à La Boule, le gros monsieur qui tape le gong dans Fort Boyard, qui vient vendre des galettes parfois, et on l'entend dans tout le magasin à gueuler sa réclame.
Vendredi. Travail... C'est éreintant. Un des ces mal de dos ! Carabiné !
Partout dans le magasin, le son diffusé sort en mono. Je veux dire par là que la musique couvre les voix. Ça fait bizarre et on redécouvre les chansons qu'on avait l'habitude d'entendre. Parlons musique, David Guetta, Mika et C. Willem. Quelle joie pour mes oreilles ! Ça tiendrais qu'à moi, je mettrais un CD hardcore, qui fout le sang et qui donne envie de bosser en dansant.
Je sors un peu, c'est le Blues Passions. Mais c'est mort. Beaucoup de monde pour pas grand chose...
Samedi. Le Tour de France passe à Cognac cette année. Le cyclisme, un sport propre... C'est pas la première fois, mais ça demande une certaine mobilisation, la ville étant coupée d'un bout à l'autre, quasiment.
Il n'y a vraiment personne dans le magasin, alors que le samedi est toujours une grosse journée. Genre où on peut pas modifier ses horaires, même si dans la semaine on a travaillé plus, et qu'on ne voudrait pas dépasser les 36h45min (si on dépasse, ça compte en heure supplémentaire, normal).
Je voudrais modifier mes horaires pour samedi prochain, en espérant que ça soit possible.
Au moins, c'est pas chiant comme l'autre jour, ou cette mamie est venue me demander du Xylophène. Je demande ce que c'est déjà, puis je vais voir en réserve et je demande à mon chef. La dame veut un petit pot, pour traiter une toute petite surface. Mais on fait pas les pots pour bébés. Et oui, tu auras beau me demander quinze fois si je n'ai pas un petit pot, et si on en recevra, mais non, je ne peux pas le matérialiser en claquant des doigts.
Je lui dis pourtant que ça n'existe pas, mais elle préférera repasser plus tard pour voir si on en a. Non, madame, revenez dans une semaine si vous voulez, ça sera pareil.
Des entêtés parfois, c'est pas facile à gérer.
Quand il n'y a rien à faire, il faut faire du facing. Le facing, c'est une technique de rangement. On appelle aussi ça une avancée, et ça consiste à rapprocher les produits qui sont en rayons, le plus près possible de l'allée.
Aussi ça choque quand c'est le client qui me donne des renseignements. Il cherche quelque chose, tu ne sais pas, et lui trouve et viens te montrer le produit sous le nez. Ah... ok, merci...
Je saurais où ça se range, la prochaine fois.
Encore le Blues Passions ce soir, mais moi j'y vais pas, je suis trop fatigué par ce taf. Et j'ai encore mal au dos.
Dimanche. Repas de famille, et ma mère me voit fumer. Elle le prend pas super bien, mais je lui dit que ça reste occasionnel. Oui, je le sais, on me dit que ça commence toujours comme ça, en soirée, ou exceptionnellement.
Je ferai gaffe, vraiment. C'est un jour de repos alors je dors. Plus qu'une semaine avant ma pause d'une semaine.
Lundi. Un nouveau arrive dans le coin. Ce matin, on a pas grand chose à faire, le travail est divisé en trois. Je prend en assurance. Je renseigne beaucoup mieux les clients.
Satisfaction !
On me fait nettoyer la merde, j'ai l'impression qu'un de mes chefs me déteste.
J'aide à peu près a part égale, une employée à faire du SAV, ce qui n'est pas notre domaine, et une cliente nous donne un pourboire. Elle le donne à l'employée.
Cette petite peste me regarde, me dit combien elle vient d'empocher, et je ne verrais pas la couleur d'un seul centime.
C'est pour le principe, j'aurais pas été là, elle n'aurait rien eu.
Le soir des potes passent chez moi, et ça me motive à bouger un peu.
On va à Saintes, au Salysbury's, et on papote tranquillement.
« Une fois que t'es défoncé, tu fais la chèvre. »
J'apprend avec effroi quand même, qu'une fille que je connais a disparue de la circulation...
On rentre à la voiture, quand un couple d'amis se dispute. C'est le moment que choisi une voiture de police pour s'arrêter et pour leur demander de se calmer.
Un mot plus haut que l'autre et c'est parti, frein à main, portières qui s'ouvrent, contrôle d'identité, talkie-walkie et tout le bordel.
Ça se passe bien, faut pas broncher, vas-y fait ta fouille corporelle, et non mon gars j'ai rien sur moi, dommage, t'aurais aimé trouver un bout de teu-teu histoire de nous emmener au poste. Mais tu va être obligé de nous relâcher parce qu'on a rien fait.
La politesse eux aussi ont leur a pas appris.
Sur le retour, ça fuse, pendant que je prend des notes.
Il y avait une policière parmi le binôme.
« Les policières, c'est des sexistes, d'la merde, c'est des connasses. »
« D'où vous me jugez ? Vous être frustrée ? Z'avez une sale tête ? »
« Vous avez des stupéfiants ? »
« Ba ouais. Je suis stupéfait par votre connerie. »
Mardi. Une journée fatigante, et je travaille de plus en plus seul. Preuve que mon boulot n'est pas si mauvais que ça, et que je me débrouille plutôt bien.
Je débauche tôt, à 17h, mais j'aimerais mieux débaucher plus tard pour avoir mon samedi.
Et preuve que tout est négociable, je demande à la responsable des horaires, sans passer par mon chef qui ne m'aime pas, pour demander d'avoir quelques heures qui me seront ô combien précieuses, ce week-end, et au lieu d'avoir un « non » catégorique, j'ai eu droit à un « je vais voir ce que je peux faire ».
Faut savoir faire preuve de culot parfois, et si ça ne marche pas, j'envisage de taper plus haut, et de demander à ceux dans les bureaux.
Saisonnier ou pas, je m'en fiche, je me fait assez exploiter comme ça, et quand la raison est valable, et c'est le cas, je pense que je peux modifier mes horaires.
Et ce soir, si j'avais su... MSN jusqu'à 3h du matin, puis je m'endors sereinement, un peu perturbé pour dire vrai, mais je trouve le sommeil assez facilement.
Mercredi. Jour de repos mais je dois me lever pour apporter la voiture au garage.
Douche, cheveux compris, et me voilà parti.
Je fais la vaisselle, j'étend la lessive, je fais tourner une nouvelle machine, je vais à l'hôpital tiens ! La semaine dernière j'ai pas pu me faire dépister, alors cette semaine ça devrait être bon. Vacances jusqu'au 19 Août.
Ils se foutent de ma gueule ?
Alors je vais aux urgences et j'explique mon cas, et c'est limite si je me fais pas renvoyer chier. Genre ce n'est pas une urgence car j'ai attendu une semaine déjà.
Pauvre conne, tu connais trop mal ton boulot. Imagine seulement j'aurais quelque chose, et que ça ne se déclare que quelques semaines après, pour toi c'est pas une urgence ?
Abrutie...
Pourquoi faire un test alors, si je sais que je n'ai rien ? Peut-être pour l'encadrer et pour dire « T'as vu ? Je suis pur, allez viens baiser ».
Mais non, je ne pense pas que ça soit pour ça. Ça n'est pas moi, ça ne me ressemble pas.
Alors je vais chez mon médecin qui me fait une ordonnance et demain matin, je devrai uriner dans un petit flacon, et j'aurais les résultats dans une semaine, ce qui me semble bien long...
Mais je sais à l'avance les résultats. Alors deux jours ou un mois, peu importe.
Je fais du ménage, car je reçois du monde sous peu, et il faut que ça brille.
Un jour de repos, qui en fait, n'est pas de tout repos.
Je n'ai oublié aucun jour depuis le 21 février 2007.
100 articles, 162 jours. C'est terminé.
D'autres journées seront racontées, toujours ici, et le chapitre 2 sera sur vomis-ma-vie.
Merci à tous et à toutes.
Marc CONSTANTIN (1er août 2007)
(Respectez les droits d'auteurs sur textes et photos, SVP. Rien ne remplacera votre propre créativité et vous n'en serez que plus récompensé et plus heureux !)
